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DOCUMENTOS

06 de Março de 2008

Conferência do Cardeal-Patriarca no Conselho Pontifício para a Cultura, em Roma

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Peuple de missionnaires aux prises avec la sécularisation

 

 

 

Intervention dans la Plénière

 du Pontifical Conseil pour la Culture

Rome, 6 Mars 2008

 

 

1. C’est claire que le phénomène de la sécularisation, comme il est décrit dans «l’Instrumentum Laboris», et sa dérive dans le sécularisme sont aussi ressentis dans notre pays et dans notre culture, malgré son histoire très marquée par le catholicisme, par la fidélité au Pape, par l’ardeur missionnaire, par l’amour à Notre Dame, couronnée Reine du Portugal.

Toutes ces valeurs souffrent l’érosion du changement culturel: seront-elles en risque de disparition?

Le sécularisme empreint l’ambiance culturelle, qui influence la vie de ceux qui n’ont pas de convictions profondes et non plus d’habitudes de l’exercice de la liberté, malgré les conditionnements culturels. Ce sécularisme c’est l’eau où doivent nager tous les poissons, mais qui n’empêche pas que quelques’ uns suivent leur chemin.

Faire face à une culture hostile à sa mission et à sa perspective de vie, ce n’est pas une nouveauté pour l’Eglise. C’était ainsi dans l’empire romain, et dans tous les continents où l’Eglise a apporté le message de Jésus. En Occident, nous étions habitués à un cadre culturel profondément marqué par le christianisme, car, malgré toutes les erreurs, la foi chrétienne a transformé la culture, est devenue culture. Ce changement est trop brusque pour qu’on s’y habitue facilement; c’est semblable au désarroi senti par l’Eglise au moment de la chute de l’Empire Romain et l’ébranlement du cadre culturel qui le soutenait. Seulement l’hardiesse de l’Esprit nous permettra de recommencer. Un nouvel âge, qui n’est pas un retour au Moyen-âge, mais un âge nouveau. C’est l’hardiesse de l’espérance. Dans la première partie de «l’Instrumentum Laboris» pour le prochain Synode des Evêques ( Octobre 2008 ), j’ai senti le manque de signes d’espérance. En toutes ces circonstances de l’histoire, l’Eglise doit pouvoir discerner des «signes», «signes des temps», les nouvelles chances du Royaume.

Pour faire face aux nouveaux chemins de la mission, l’Eglise se heurte à des difficultés dans son intérieur: son langage, sa façon de se rapporter à la société, ses structures et ses lois, surtout une religiosité sans la force transformatrice de la foi. Une Église qui défend le «status quo», acquis au long des siècles, mais, faible dans l’ardeur de la foi et dans la fidélité à Jésus-Christ, elle est vulnérable à ces changements culturels.

 

2. Comme dans tous les encadrements culturels où l’Eglise fait l’annonce de Jésus-Christ, face à une culture sécularisée, l’Eglise est confrontée à deux attitudes, apparemment irréconciliables: la rupture ou l’identification avec beaucoup de valeurs qui, dans leur inspiration foncière, sont communes à celles qu’Elle propose. Le dilemme s’est déjà présenté à Jésus devant les pharisiens et les docteurs de la loi: rien de la Thora ne passera jamais, mais le Royaume des Cieux exige une rupture, où on pourra semer l’avenir.

 

3. Mais parlons de l’esprit de mission, une des lignes de force de l’identité spirituelle des catholiques portugais. Comment résiste-t-il dans une culture séculariste? Je suis convaincu qu’un vrai esprit de mission, enraciné dans l’expérience de la foi, est le dynamisme qui peut pénétrer le mieux dans cette culture sécularisée.

 

3.1. Tout d’abord, il faut le reconnaître, on assiste à une sécularisation de l’esprit de mission, qui s’exprime dans la solidarité de personnes et d’institutions. Au niveau de l’État laïque, on s’efforce pour démontrer que l’État peut résoudre les problèmes sociaux et favoriser l’entraide entre personnes, sans faire appel à l’Eglise. Celle-ci n’a pas l’exclusivité du service social. Les prophètes de la laïcisation de la société, parlent d’une «éthique républicaine», qui annonce la capacité de la république de construire une société solidaire. D’un autre côte, de puissantes organisations non gouvernementales (ONG) mobilisent la société civile, dans cet esprit de mission humanitaire, à portée internationale. Beaucoup de chrétiens sont engagés dans ces organisations et participent à leurs missions.

 

3.2. À l’intérieur de l’Eglise surgissent de nouvelles expressions de la mission «ad gentes».

Le chiffre de personnel missionnaire, prêtres, religieuses et laïcs, qui partent en mission de longue durée est encore impressionnant. Surtout parmi les jeunes universitaires il est en route l’expérience de partir en mission, de courte durée, pendant un an ou des mois, en accord avec les Eglises locales, surtout de l’Afrique de langue portugaise. Seulement à Lisbonne, il y a des centaines de jeunes universitaires qui s’y engagent chaque année. Des structures permanentes, du type ONG, ont vu le jour, comme «Les laïcs pour le développement». Ces expériences missionnaires de courte durée sont, parfois, le chantier où mûrissent des vocations missionnaires, sacerdotales, religieuses, laicales.

 

3.3. Mais le grand défi pastoral pour l’Eglise c’est de susciter un sens de mission, la joie et l’urgence de témoigner la foi dans la société que les croyants partagent avec tous les autres. Il s’agit de découvrir la simplicité de la mission. C’était le défi du Congrès International pour la Nouvelle Évangélisation. Le peuple de Lisbonne a montré qu’il est prêt à accepter des expressions de la mission dans les espaces profanes. Dans le grand rassemblement de clôture, autour de l’image de Notre Dame de Fatima, un million de personnes environ ont cheminé dans une procession de lumière.

Un aspect très important de la mission dans une ambiance culturelle de sécularisation est l’action des chrétiens laïcs au sein des réalités terrestres. Avec la crise de l’Action Catholique et le surgissement des mouvements charismatiques, cette dimension de la mission est tombée dans l’oubli; dans les structures pastorales presque rien n’est orienté à une aide spécifique à ces chrétiens et à leur mission. A Lisbonne, nous nous efforçons de valoriser cette mission, en proposant aux chrétiens de, en groupe, faire une lecture des réalités de la société, à la lumière de la Doctrine Sociale de l’Eglise. La Parole de Dieu et l’enseignement de l’Eglise sont les phares qui illuminent cette lecture croyante des réalités actuelles.

Je continue à croire que, en termes culturels, même en des eaux salubres, il est possible de nager dans la direction des choix de vie et de liberté.

 

Rome, 6 Mars 2008

 

 

† JOSÉ, Cardinal-Patriarche


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