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04 de Julho de 2008

Conferência do Cardeal Patriarca no Congresso Europeu de Vocações

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«Un regard sur la culture européenne: un point de vue portugais»

 

Conférence prononcée dans le

Congrès de European Vocations Service

Porto, le 4 Juillet 2008

 

        1. À l’occasion des pourparlers sur le prologue d’un projet de «Constitution Européenne», on a constaté que l’Europe avait de la peine à accepter une culture qui l’identifie, par ses racines, et par les grandes lignes interprétatives de la vie humaine dans nos sociétés.  Un des arguments pour refuser la reconnaissance de la matrice chrétienne de la culture européenne, c’était l’affirmation qu’il n’existe plus une culture européenne, objectivement identifiable, inspiratrice de valeurs communes, l’Europe étant d’aujourd’hui un éventait de plusieurs cultures. Il s’agit d’une vision pragmatique et simpliste qui nos reconduit inévitablement à la définition de culture, et à se poser la question si les plusieurs éléments culturels qui influent sur la conduite des communautés européennes méritent, vraiment, la classification de cultures autonomes, ce qui empêcherait, à la limite, une vraie unité européenne.

        La «mutation culturelle», la transformation de nos sociétés par le progrès scientifique et technologique, l’influence des philosophies illuministes, l’ouverture au monde dans sa variété, caractéristique de la culture européenne, ont fait de celle-ci un mélange de perspectives culturelles, phénomène qu’aujourd’hui commence à se faire aussi sentir dans d’autres univers culturels, comme résultat de la globalisation. Dans ce cadre d’une culture pluraliste, la question cruciale est de savoir quelles de ces «structures culturelles» sont assez fortes pour conduire toutes les autres à une unité, nécessaire comme fil conducteur de l’histoire et inspiration de l’exercice de la liberté. S’il n’y en a pas, difficilement on pourra parler de culture européenne et, par conséquence, d’une vrai unité européenne.

        La matrice chrétienne est-elle encore assez forte pour devenir cet élément unificateur? Cela constitue le défi de la présence des Églises chrétiennes dans l’ensemble de la société. En gardant en elle-même, par la qualité des perspectives qui introduit dans la compréhension de la vie et dans l’observation de la réalité européenne contemporaine, les éléments d’inspiration chrétienne, on a l’impression qu’ils n’ont plus la capacité d’être l’élément unificateur des plusieurs «structures culturelles». Une culture marquée par l’immanentisme, même par le sécularisme, semble vouloir jouer ce rôle unificateur. Il y a dans nos sociétés où les Églises sont établies, beaucoup de chrétiens qui essaient d’exprimer une identité évangélique, mais leur capacité d’influer sur la culture dans son ensemble n’est plus décisive, même s’ils ne doivent pas renoncer à intervenir dans le processus de la mutation culturelle. Ce qui est plus grave, c’est que la majorité des chrétiens, ceux qui accomplissent leurs devoirs religieux, inclus, trouvent dans la culture environnante les critères de décision morale dans beaucoup d’aspects essentiels pour l’homme et la société.

        2. En analysant la culture européenne, le point de vue portugais disparaît progressivement dans l’ensemble du phénomène européen, dans la mesure où la vision du sécularisme envahit la vie des populations, comme source d’inspiration de leur choix et de leur agir morale. On remarque encore quelques attitudes culturelles propres de notre peuple, acquises et construites au long de son histoire, telles que l’ouverture à l’universalité, l’ouverture à l’étranger, une grande capacité d’accueil, un certain esprit d’aventure qui se traduit spontanément dans une certaine anarchie dans la façon de vivre et de juger. L’attachement aux traditions où le mythe se mêle à l’objectivité, s’est accentué avec l’adhésion du Portugal à l’Union Européenne.

        3. Il faut maintenant prendre conscience des éléments clés de notre évolution culturelle et les analyser. J’indiquerai d’abord la transformation profonde de notre société et des institutions déterminantes de son harmonie. Si ces transformations jouent un rôle dans la mutation culturelle, par contre, elles en sont le fruit.

        L’abandon progressif de la campagne et la concentration dans les grandes villes ont changé le rapport de l’homme avec la nature; une harmonie acquise s’est rompue et la mobilité est devenue une composante inévitable de l’existence. Qui se déplace tout le temps est plus incliné à changer sans arrêt, et à tout changer. Tout cela a modifié la nature du travail et du rapport de chacun avec le travail. Comme il s’agit d’un phénomène assez récent, les nouvelles harmonies ne sont pas encore acquises. Beaucoup de personnes ont brisé les liens communautaires de voisinage, et n’ont pas encore rétabli ce tissu communautaire et social. Dans ces changements, les habitudes religieuses ont aussi subi de profonds changements. On assiste à la rupture facile d’attitudes acquises, ce qui comporte des altérations éthiques et du sens de la vie. Pour sa part, l’Eglise a accentué la dimension communautaire de l’existence chrétienne, car les communautés de foi sont une réponse valable à ce dépaysement culturel.

        Dans le cas portugais, un événement politique et social a eu des répercussions culturelles importantes: la révolution militaire de 1974, qui a fini par implanter un régime de démocratie pluraliste. L’euphorie de la liberté et la participation de tous à la vie de la communauté, avec un nouveau sens de responsabilité sociale, ont des dimensions culturelles. Cela a apporté un grand changement de perspective et l’ouverture presque exclusive à l’Europe a relativisé une dimension historique de notre culture: l’ouverture au monde, à l’Afrique, à l’Asie, à l’Amérique Latine. Le sens de mission n’est pas mort, mais il s’est beaucoup transformé. Nous appartenons aujourd’hui au monde occidental, avec tous ses apports positifs et ses défauts. Un modèle de bonheur, très centré dans l’avoir, dans les biens de ce monde, et dans la réussite humaine, a relativisé d’autres valeurs spirituelles, qui faisaient partie de notre culture. Le développement matériel n’est pas toujours accompagné du développement spirituel.

        Des institutions primordiales pour l’harmonie de la société ont subi, ou sont en train de subir, une profonde transformation: la famille, l’école, l’Eglise elle-même. Au-delà des effets des transformations sociales, l’évolution de la pensée, des philosophies qui ont marqué l’Europe depuis le 17eme siècle, ont eu une grande influence sur elles et sur l’ensemble de la société. Dans cet aspect, nous sommes profondément européens. Nous en parlerons tout de suite.

        4. Valorisation de la rationalité. La raison est un des dons merveilleux, accordés par Dieu à l´homme, quand il l’a créé à son image et ressemblance. Elle est capacité de compréhension de la réalité, de l’homme, de Dieu, de tout l’univers. La raison transforme l’homme dans un pèlerin de la vérité; par sa capacité, elle pénètre dans la profondeur de la réalité en recherche de compréhension, du sens, de la vérité. La philosophie s’est révélée, au long des siècles, la science qui encadrait cette recherche de la vérité par la raison humaine.

        A l’époque moderne, la recherche de la compréhension des réalités physiques, servie par une méthode spécifique, a développé les sciences exactes. Le Pape Benoit XVI, affirme que Jean-Paul II a reconnu «que la révolution industrielle et les découvertes scientifiques ont permis de répondre à des questions, qui, auparavant, n’étaient partiellement résolues que par la religion. La conséquence fut que l«homme contemporain a souvent l’impression de ne plus avoir besoin de personne pour comprendre, expliquer et maîtriser l’univers: il se sent au centre de tout, et la mesure de tout»[1]. La rationalité scientifique s’est considérée autosuffisante, la seule source de la vérité pour l’homme. A cette exaltation de la raison on a appelé «modernité»: Dieu n’est plus nécessaire; peut-être, il n’existe même pas. Il passe facilement d’inutile à inexistant. Je cite encore le Pape Benoit XVI: «La formule ‘Etsi Deus non daretur’ (comme si Dieu n’existait pas), devient de plus en plus un mode de vie qui trouve ses origines dans une sorte de vanité de la raison – réalité pourtant créée et aimée par Dieu – qui se considère suffisante à elle-même, et se ferme à la contemplation et à la recherche d’une vérité qui la dépasse. La lumière de la raison, exaltée, mais en réalité appauvrie par la philosophie des lumières, se substitue radicalement à la lumière de la foi, à la lumière de Dieu»[2].

        Cette perspective relègue la foi au domaine de l’irrationnel, tout en donnant origine au conflit entre science et foi qui, au fond, sont des chemins complémentaires de recherche de la vérité. Le problème c’est que la culture chrétienne et la formation des chrétiens n’ont pas établi le fondement la rationalité de la foi, qui part du fait que la raison est capable de Dieu, en s’élevant au plus haut degré de sa tâche, et en se mettant, en tant que dynamisme de vérité, au service de celle-ci qu’elle accueille et intègre dans l’ensemble de la compréhension humaine. Le Saint Père affirme que le dialogue entre science et foi est un enjeu auquel la mission de l’Eglise doit faire face. «C’est un débat que l’Eglise attend, mais la communauté scientifique également (…). Dans ce dialogue, la foi suppose la raison et la perfection; et la raison, éclairée par la foi, trouve la force de s’élever à la connaissance de Dieu et des réalités spirituelles»[3].

        Cette rationalité bouclée, alliée au culte de la liberté individuelle, met en question la grandeur et l’objectivité de la vérité que l’on cherche. Mais la réponse des chrétiens, dans le processus des changements culturels, suppose l’établissement d’une vraie rationalité de la foi, en contribuant ainsi à une rationalité humaine, digne de la grandeur de l’homme qui puisse intégrer la compréhension du beau et la recherche du bien. «La vérité signifie davantage que le savoir: la connaissance de la vérité a pour objectif la connaissance du bien»[4].

        Cela nous propose le rapport inévitable entre la raison et l’éthique. Socrates se demandait quel est le bien qui nous rend vrais? Si la raison est la capacité d’accéder à la vérité sur l’homme et pour l’homme, elle doit fonder la recherche du bien, doit être une raison éthique. Le Pape Benoit XVI définit son ministère: «de ce fait, le Pape, précisément comme Pasteur de sa communauté, est également devenu toujours plus une voix de la raison éthique de l’humanité»[5].

        Dans l’évolution actuelle de notre culture, la décision de ce qui est bon, s’est détachée de la recherche de la vérité, le fondement de l’éthique étant, de moins en moins, la raison, et en oubliant que «la vérité nous rend bons, et la bonté est vraie: tel est l’optimisme qui est contenu dans la foi chrétienne, car à celle-ci a été accordée la vision du Logos, de la raison créatrice qui, dans l’incarnation de Dieu, s’est, en même temps, révélée comme le Bien, comme la bonté elle-même»[6]. Cela exigerait un approfondissement de la rationalité de la foi, qui a sérieusement manquée dans la formation de nos chrétiens, en  affaiblissant l’impact de la foi chrétienne sur la mutation culturelle.

        5. L’individualisme, vision réductrice de l’homme. La culture européenne a été marquée, pendant des siècles, par une compréhension de l’homme, comme être en relation, qui souligne la priorité de la dimension communautaire sur l’individu, conçu comme horizon autonome et renfermé sur soi-même. Cela constitue l’empreinte, le plus accentuée du judeo-christianisme dans la culture européenne. La priorité donnée au peuple, à la communauté, à l’Eglise et un idéal de vie centré sur l’ouverture aux autres, à la générosité, au don de soi  - perspective qui indiquait le chemin de la vérité - fondaient le sens de la vie morale, indiquaient le chemin du bonheur. L’individu trouve la grandeur de son existence dans le don de soi, dans l’amour et se retrouve et se reconnaît avec les autres e dans les autres.

        Les philosophies illuministes ont accentué l’importance de l’individu, de son intelligence rationnelle en tant que capacité de vérité, de la liberté comme capacité de choix de ce qui est le bien pour chacun, en chaque moment, autonomie dans la définition et la recherche du bonheur. Quand l’axe de la compréhension de l’homme se dévie de l’ouverture aux autres vers la recherche de soi-même, l’esprit de communion est remplacé par l’individualisme et celui-ci mène facilement à l’égoïsme et au subjectivisme. On s’éloigne facilement de l’objectivité de la vérité, surtout de la vérité morale. Et quand on abandonne le fondement rationnel de la vérité, c’est la raison elle-même qui est mise en question. Cela a provoquée, dans la culture européenne, plusieurs ruptures:

        6. Rupture entre la liberté et la responsabilité: «Une des idées maîtresses de la modernité est la valeur décisive et absolue de la liberté individuelle. Alliée à l’autonomie de la raison, l’homme, par l’exercice de sa liberté, choisit sa vérité, décide sur les options morales, devient le centre et le juge de l’histoire. Considérée surtout comme un droit de l’individu, cette conception de la liberté amène à une vision individualiste de la vie qui efface ou relativise la dimension communautaire, la seule à exiger que la liberté soit exercée dans la responsabilité de chacun pour tous les autres, l’encadrement nécessaire de l’amour et de la fraternité»[7]. Cella ne signifie pas qu’il y ait une opposition entre la dimension individuelle et communautaire. Mais parce que le sens de notre vie individuelle se découvre dans cet encadrement communautaire de l’individu, l’engagement communautaire c’est l’encadrement d’une vision responsable de la liberté, de la vérité, de l’exigence éthique. La dimension communautaire garantit mieux l’objectivité de la vérité. «L’exercice de la liberté, plus qu’individuel est personnel, encadré dans la communauté. Cette évolution culturelle, qui a commencé par reléguer Dieu au camp de la subjectivité de l’individu, a procédé de la même façon pour la vérité, pour la morale, enfin, pour la liberté». La liberté cours le risque de devenir un «fais ce que tu voudras» et la vérité devient subjective et transitoire.

7. Rupture entre la nature et la grâce. «Le triomphalisme de la raison et de ses capacités illimitées, a amené à une vision de la vie comme résultat exclusif des capacités naturelles de l’homme: l’homme ne peut compter que sur lui-même pour réussir dans la vie: le bonheur et la disgrâce sont le résultat de ses capacités et de sa liberté.

Cet optimisme vide la croix du Christ, comme disait Saint Augustin dans sa polémique avec Pélage. Vraiment, il s’agit d’un «néo-pélagianisme». Or, la compréhension chrétienne de la vie humaine est celle d’une vie vécue avec Dieu, qui est devenu Dieu avec nous en son Fils Jésus Christ. Même pour réaliser pleinement ses capacités naturelles, l’homme a besoin de la force de l’Esprit de Dieu. La rupture entre la nature et la grâce, qui dans l’histoire a eu des expressions opposées, l’optimisme pélagien et le pessimisme luthérien, semble être résolu dans la culture contemporaine, en annulant la grâce, et en centrant la possibilité de réussite sur les capacités humaines et la liberté. Il s’agit d’une nouvelle synthèse naïve, que la longue histoire de souffrances et d’agressions à la dignité humaine mettent en question. Le christianisme offre une autre synthèse, celle de la valorisation des capacités naturelles de l’homme, portées à la plénitude, avec l’aide de Dieu qui connaît bien notre grandeur et nos faiblesses».

Cet optimisme naturaliste, ne compte pas sur l’action de Dieu dans l’édification de la plénitude humaine. Il n’est plus la source de la vérité, quelqu’un qu’il faut écouter; Il n’a plus le droit de nous exiger quoi que ce soit; Il n’est plus la promesse de la vie vraie et définitive. D’inutile, Dieu passe vite à inexistant.

8. Rupture entre le présent et l’avenir définitif de l’homme. Le drame humain est situé, par cette vision culturelle, dans l’horizon fermé de ce temps et de ce monde (hoc saeculum). L’horizon d’éternité, le seul qui annonce la réalisation pleine de l’homme - pour nous, les chrétiens, inévitablement lié à Jésus Christ et à sa résurrection - n’a plus de place. C’est impressionnant: sont de plus en plus nombreux nos contemporains qui ne croient plus à la vie éternelle. Cela prive notre existence, dans le temps, de sa profondeur et de sa dignité, comme expérience d’espérance.

Si tout passe et tout finit, pourquoi parier sur la pérennité des valeurs définitives? Si notre présent ne fait pas une unité avec notre avenir, alors vivons au jour le jour, profitons du transitoire, changeons de route toujours que cela nous paraîtra le plus convenable dans le présent. Les choix du définitif, des options pour l’éternité, qui ont tellement marqué la culture européenne, n’ont plus de sens. On vit au rythme du provisoire et cela ne garantie pas la continuité de la mémoire. L’Europe est marquée par une triple blessure: de la mémoire, de l’imagination et du sens de l’appartenance. La mémoire est blessée, car la nouvelle génération, qui vit dans un immédiat sans ancrage dans le passé, manque de l’expérience de la foi et du sens de l’histoire. L’imagination est blessée par l’invasion de propositions  télévisées médiocres, qui s’ajoute au manque de contact avec les grands artistes chrétiens de l’histoire. Le sens de l’appartenance est blessé dans un véritable désamour de beaucoup vis-à-vis de l’Eglise, de leur patrie, et aussi de la culture chrétienne bimillénaire du Continent.

9. Ce cadre de l’évolution culturelle définit la situation de l’Eglise dans nos sociétés. Si elle se laisse envahir par ces critères culturels, elle perd la force d’être le levain dans la pâte. Pour être fidèle à la vision de l’homme et de la vie, communiquée par Jésus-Christ et son Évangile, elle doit nager à contre-courant, dans l’expression de Jean-Paul II, sans abandonner la société des hommes, auxquels elle continue à être envoyée pour annoncer le vrai chemin du salut. Cohérente avec sa perspective de vie, elle accepte courageusement le défit de la mutation culturelle en y introduisant la perspective évangélique. Elle continue à porter un message d’espérance, pas seulement par la parole, mais à travers l’engagement courageux en faveur des autres, surtout des plus pauvres. Toutes les choix vraiment chrétiens doivent être choix du chemin de l’amour, du bien des autres, pour la vraie humanisation de la société.

† JOSÉ, Cardinal-Patriarche


 
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[1] Benoit XVI, Discours à l’Assemblée Plénière du Conseil Pontifical pour la Culture, in DC, nº 2402, pg. 455

[2] Ibidem, p. 456

[3] Ibidem, p. 456

[4] Bento XVI, “Je ne viens pas imposer la foi mais solliciter le courage de la vérité », allocution préparée pour l’Université Sapienza de Roma, in D.C. nº 2398, p. 157

[5] Ibidem, p. 156

[6] Ibidem, p. 157

[7] En tenant compte de la proximité de cette conférence et d’une autre qui m’a été demandée «La conversion missionnaire de la catéchèse. La situation et les défis de la mission aujourd’hui en Europe», j’utilise ici des morceaux de cette conférence.


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